60 Millions de consommateurs repris par Xavier Niel : ce qui change, et pourquoi ça grince

60 Millions de consommateurs va continuer de paraître : l’offre de reprise de Xavier Niel, via sa holding NJJ Médias, a été retenue par le liquidateur de l’Institut national de la consommation (INC). Bonne nouvelle pour les lecteurs du célèbre magazine de tests, créé en 1970 ? Pas si simple : depuis ce week-end, élus et associations s’inquiètent publiquement de l’indépendance éditoriale du titre entre les mains du fondateur de Free. On fait le point.

⚡ En bref
  • L’offre de NJJ Médias (Xavier Niel) a été choisie parmi trois candidatures, dont celle de Que Choisir Ensemble, éditeur du magazine concurrent
  • 29 salariés repris, dont toute la rédaction ; une vingtaine de postes support seraient en revanche supprimés
  • Le magazine était orphelin depuis la liquidation de l’INC, l’établissement public qui l’éditait depuis sa création
  • Depuis ce week-end, la reprise fait polémique : des élus et des associations doutent des garanties d’indépendance éditoriale
1970
année de création du magazine par l’INC
29
salariés repris, rédaction complète incluse
~20
postes support menacés de suppression
9 M€
de recettes pour ~1 M€ de déficit (2023)

Pourquoi le magazine était-il à vendre ? #

60 Millions de consommateurs n’est pas un magazine comme les autres : il était édité depuis 1970 par l’Institut national de la consommation, un établissement public créé en 1966. Sa force historique : des tests sans publicité, financés par les ventes et l’argent public — ce qui le distinguait de la presse conso classique.

Mais l’équilibre était fragile depuis des années : environ 1 million d’euros de déficit pour 9 millions d’euros de recettes en 2023. L’État a fini par décider la liquidation de l’INC et un liquidateur a été chargé de trouver un repreneur pour le titre.

« Un magazine de tests détenu par un industriel qu’il est censé pouvoir épingler : c’est toute la question que soulèvent élus et associations depuis ce week-end. »

— Le nœud du débat autour de la reprise

Ce que prévoit l’offre de Xavier Niel #

Trois candidatures ont été déposées, dont celle de Que Choisir Ensemble (l’ex-UFC-Que Choisir), qui édite le grand concurrent du magazine. C’est finalement l’offre de NJJ Médias, la holding personnelle de Xavier Niel, qui a été retenue — un choix présenté aux représentants du personnel début septembre.

À lire Gaz : +6,3 % au 1er octobre 2026, le prix repère bat son record — combien votre facture va vraiment augmenter

Côté emploi, l’offre prévoit la reprise de 29 salariés, dont l’intégralité de la rédaction. Une vingtaine de postes dans les fonctions support (gestion, diffusion, administration) seraient en revanche supprimés. Les instances représentatives du personnel doivent encore rendre leur avis sur le projet courant octobre.

Pourquoi la reprise fait polémique depuis ce week-end #

C’est le cœur du débat relancé ces derniers jours : des élus et des associations estiment que rien ne garantit aujourd’hui l’indépendance éditoriale du magazine sous pavillon NJJ, comme l’ont rapporté ce week-end plusieurs médias spécialisés, dont CB News.

L’argument des critiques est simple à comprendre : Xavier Niel est aussi le fondateur et actionnaire de Free, un opérateur télécom dont les box et forfaits figurent régulièrement… dans les comparatifs de 60 Millions de consommateurs. Un magazine de tests détenu par un industriel qu’il est censé pouvoir épingler, c’est une première en France — et c’est précisément ce que ses détracteurs veulent voir encadré par des garanties écrites.

À ce stade, ni le calendrier de relance du titre ni la formule (papier, numérique, fréquence) n’ont été détaillés publiquement. La reprise ne sera définitive qu’après l’avis des instances du personnel et la finalisation de la cession.

À lire Prix des tomates : pourquoi elles coûtent si cher en cette fin d’été 2026, et comment payer moins

Et pour vous, lecteur ou abonné, ça change quoi ? #

À court terme, l’essentiel est là : le magazine survit, avec sa rédaction au complet — c’était loin d’être acquis il y a six mois, quand la liquidation de l’INC a été prononcée. Les tests et enquêtes qui font sa réputation ont donc vocation à continuer.

À moyen terme, les lecteurs jugeront sur pièces : la crédibilité d’un magazine de consommation se joue sur son indépendance perçue. La façon dont le nouveau propriétaire traitera — ou s’abstiendra de traiter — les secteurs où il a des intérêts sera scrutée de près, par la presse comme par les associations de consommateurs.

🎯 À retenir
60 Millions de consommateurs est sauvé : l’offre de Xavier Niel (NJJ Médias) reprend 29 salariés dont toute la rédaction, après la liquidation de l’INC. Mais la polémique sur l’indépendance éditoriale du magazine — son repreneur possède aussi Free, régulièrement testé dans ses pages — ne fait que commencer.

Questions fréquentes #

60 Millions de consommateurs va-t-il continuer de paraître ?

Oui, c’est le sens de la reprise : l’offre de NJJ Médias, la holding de Xavier Niel, a été retenue par le liquidateur de l’INC et prévoit de poursuivre l’activité avec l’intégralité de la rédaction. Le calendrier précis de la relance n’a pas encore été détaillé.

Qui éditait 60 Millions de consommateurs jusqu’ici ?

L’Institut national de la consommation (INC), un établissement public créé en 1966, qui publiait le magazine depuis 1970. Sa liquidation, décidée par l’État après des années de difficultés financières, a rendu la vente du titre nécessaire.

À lire Démarchage téléphonique interdit depuis ce mardi 11 août 2026 : ce qui change vraiment pour vous

Pourquoi la reprise par Xavier Niel est-elle critiquée ?

Parce que Xavier Niel est aussi le fondateur de Free, dont les offres sont régulièrement comparées et notées dans le magazine. Des élus et des associations demandent des garanties écrites d’indépendance éditoriale avant la finalisation de la cession.

Y aura-t-il des suppressions de postes ?

L’offre prévoit la reprise de 29 salariés, dont toute la rédaction, mais une vingtaine de postes dans les fonctions support seraient supprimés. Les instances représentatives du personnel doivent rendre leur avis courant octobre.

Ma Ville Promos est édité de façon indépendante. Soutenez la rédaction en nous ajoutant dans vos favoris sur Google Actualités :