Environ 1 station-service sur 9 est totalement à sec en France ce lundi 21 septembre 2026, le gazole atteint 2,42 €/L en moyenne (soit un plein de 50 L à environ 121 €), et le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit deux fois ses équipes à Matignon aujourd’hui pour répondre à la crise. Voici notre relevé complet de ce matin, calculé sur le flux officiel des prix des carburants, station par station.
En bref
- 1 099 stations totalement à sec (ni essence ni gazole), soit 11,2 % du réseau — le fameux « 1 sur 9 ».
- Gazole moyen à 2,422 €/L ce matin, contre 2,315 €/L le 13 septembre : +5 € sur un plein de 50 L en 8 jours.
- Deux réunions de crise à Matignon ce lundi : approvisionnements le matin, accompagnement des Français l’après-midi.
- Écart record constaté sur le gazole : 2,195 €/L à Ajaccio contre 2,904 €/L à Ostwald (Bas-Rhin), soit 35 € de différence sur un plein.
Ce que montre notre relevé de ce lundi matin, sur 9 799 stations #
Comme pour notre relevé du 5 septembre (gazole à 2,27 €) et celui du 13 septembre sur 9 805 stations, nous avons passé au crible ce lundi à l’aube le flux instantané officiel des prix des carburants publié par data.economie.gouv.fr : 9 799 stations analysées, en écartant les prix relevés il y a plus de 7 jours. Le constat est net : tout a encore monté, sauf l’E85.
| Carburant | Prix moyen le 13/09 | Prix moyen le 21/09 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Gazole | 2,315 €/L | 2,422 €/L | +10,7 c/L |
| E10 | 2,135 €/L | 2,191 €/L | +5,6 c/L |
| SP95 | 2,188 €/L | 2,240 €/L | +5,2 c/L |
| SP98 | 2,237 €/L | 2,295 €/L | +5,8 c/L |
| E85 | 0,888 €/L | 0,888 €/L | stable |
Notre chiffre converge avec celui de l’AFP, qui mesurait dimanche un gazole à près de 2,41 € en moyenne, un record (dépêche AFP via Boursorama). Autre marqueur de la flambée : 784 stations affichent désormais un gazole au-dessus de 2,50 €/L, contre 224 seulement le 13 septembre.
La pénurie s’étend, et elle accélère #
Le chiffre qui résume la situation : 1 568 stations n’ont plus aucune essence à vendre ce matin, soit 16,2 % du réseau. Elles étaient 686 (7,0 %) le 13 septembre — une multiplication par 2,3 en 8 jours. En comptant essence ET gazole, 1 099 stations sont totalement à sec (11,2 %), ce qui recoupe le « 1 sur 9 » repris par la presse. Au total, 3 301 stations (33,7 %) ont au moins une rupture en cours sur l’un de leurs carburants.
Rupture « temporaire » ou « définitive » : ce que ça change
Dans le flux officiel, une rupture définitive signifie que la station ne vend plus ce carburant du tout (beaucoup de stations n’ont jamais proposé d’E85, par exemple) : ce n’est pas un signe de pénurie, et nous l’écartons de nos calculs. Une rupture temporaire, elle, veut dire cuve vide en attente de livraison — c’est elle qui mesure la crise. Et c’est là que le gazole bascule : il est en rupture temporaire dans 12,7 % des stations qui en vendent (1 237 stations), contre 3,5 % le 13 septembre.
Le rythme reste soutenu jour après jour : 1 054 ruptures ouvertes le 18 septembre, 1 183 le 19, 958 le 20 — environ un millier de cuves qui se vident chaque jour.
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Les zones les plus touchées
Sur les ruptures d’essence ouvertes depuis le 14 septembre, trois régions dominent : Île-de-France (24,6 %), Grand Est (19,7 %) et Normandie (19,3 %). Par département, ce sont les Bouches-du-Rhône (55 stations à sec), la Gironde (54), le Nord (50) et la Seine-et-Marne (43) qui comptent le plus de stations sans carburant.
Et les écarts de prix deviennent spectaculaires : pour le gazole, nous avons relevé 2,195 €/L à Ajaccio contre 2,904 €/L à Ostwald, près de Strasbourg. 71 centimes par litre, soit 35 € de différence sur un même plein de 50 L selon l’endroit où vous vivez.
Deux réunions de crise à Matignon ce lundi #
Face à la flambée, Sébastien Lecornu tient ce lundi 21 septembre deux réunions à Matignon, confirment franceinfo et CNews : le matin avec les directeurs d’administrations centrales, sur les approvisionnements en pétrole et en gaz perturbés par la guerre au Moyen-Orient ; l’après-midi sur « l’accompagnement à court et moyen terme » des Français face aux prix.
Selon la presse, une aide ciblée sur les « gros rouleurs » serait en préparation — ses contours ne sont pas précisés à cette heure, et rien n’est acté. À ne pas confondre avec l’aide déjà existante de 100 € pour les travailleurs « grands rouleurs », qui peut encore être demandée jusqu’au 30 septembre sur impots.gouv.fr.
À lire Pneu chaîne neige : Guide achat et prix
Emmanuel Macron s’exprimera de son côté jeudi à 20 h, en direct sur TF1 et France 2 (Europe 1). Dimanche, il a rencontré à Saint-Pierre-et-Miquelon le Premier ministre canadien Mark Carney, pour évoquer le gaz naturel liquéfié canadien et des routes d’approvisionnement alternatives aux détroits perturbés par le conflit.
L’énergie flambe aussi hors des stations #
La tension ne s’arrête pas à la pompe : les produits pétroliers de chauffage suivent la même pente, comme le montre ce point complet sur la forte hausse du prix du fioul domestique et la question du remplissage de cuve avant l’hiver.
Et moi, concrètement ? #
- Budget : un plein de 50 L de gazole coûte en moyenne 121 € ce matin, soit 5 € de plus qu’il y a 8 jours. En E10, comptez environ 110 €.
- Trouver du carburant : le site officiel prix-carburants.gouv.fr (et son application) affiche les prix et les ruptures déclarées par les stations, mis à jour en continu. C’est la même source que celle de notre relevé.
- Comparer avant de rouler : avec des écarts qui dépassent 70 centimes au litre entre deux villes, vérifier deux ou trois stations autour de chez vous peut faire gagner plusieurs euros par plein — nous l’avions déjà mesuré sur les prix sur autoroute lors de notre relevé du 10 août.
- Ne stockez pas : remplir des jerricans « au cas où » est dangereux (vapeurs inflammables) et strictement encadré par la réglementation, en quantité comme en conditions de stockage. Et chaque plein de précaution vide un peu plus vite les cuves de tout le monde.
Questions fréquentes #
Pourquoi ma station est-elle à sec alors qu’une autre, à 5 km, est approvisionnée ?
La pénurie est avant tout logistique : les ruptures sont « temporaires », c’est-à-dire que la cuve est vide en attendant la prochaine livraison. Selon les dépôts qui alimentent chaque station et la rotation des camions, deux stations voisines peuvent être dans des situations opposées le même jour.
D’où vient le chiffre « 1 station sur 9 à sec » ?
De notre calcul de ce lundi matin sur le flux officiel data.economie.gouv.fr : 1 099 stations sur 9 799 n’avaient plus ni essence ni gazole, soit 11,2 % — environ une sur neuf.
Puis-je stocker de l’essence chez moi en attendant que les prix baissent ?
C’est fortement déconseillé et encadré par la réglementation : les vapeurs d’essence sont très inflammables et le stockage domestique est limité à de petites quantités, dans des récipients homologués. Le bon réflexe est plutôt de consulter les stations approvisionnées près de chez vous sur prix-carburants.gouv.fr.
À retenir #
Notre relevé de ce 21 septembre au matin confirme une accélération nette : 11,2 % des stations totalement à sec (×2,3 pour les ruptures d’essence en 8 jours), un gazole record à 2,422 €/L et des écarts allant jusqu’à 35 € sur un plein selon la ville. L’exécutif enclenche la réponse ce lundi avec deux réunions à Matignon, une aide « gros rouleurs » évoquée mais non actée, et une prise de parole présidentielle jeudi soir. Nous republierons un relevé complet dans les prochains jours pour mesurer l’effet — ou non — de ces annonces.