Mise à jour — jeudi 24 septembre, 22 h. Emmanuel Macron s’est exprimé jeudi 24 septembre à 20 h sur TF1 et France 2 : aucune baisse des taxes sur les carburants n’est actée — « en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », a-t-il seulement concédé —, la France « fait tout » pour « éviter » les pénuries, et les stocks de gaz et de pétrole seront « à 80 % » « dans quelques semaines ». Dans le même temps, notre nouveau relevé de 22 h montre une décrue amorcée : 8,6 % des stations totalement à sec (contre 11,2 % lundi 21) et un gazole redescendu à 2,399 €/L. Détails ci-dessous.
La crise des carburants amorce une décrue ce jeudi 24 septembre au soir : selon notre relevé de 22 h sur le flux officiel, 766 stations sont totalement à sec sur 8 889 analysées (8,6 %), contre 11,2 % lors de notre relevé du lundi 21 septembre, et le gazole redescend à 2,399 €/L en moyenne — un plein de 50 L à environ 120 €. Sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron n’a annoncé aucune baisse des taxes : il ne veut « rien exclure » si les prix repartaient, mais privilégie la diplomatie et les aides ciblées. Voici ses déclarations recoupées, notre relevé frais, et le détail complet de notre relevé du 21 septembre, calculé station par station sur le flux officiel des prix des carburants.
En bref
- Décrue engagée au 24/09 à 22 h : 766 stations totalement à sec (8,6 %), contre 1 099 (11,2 %) — le fameux « 1 sur 9 » — lors de notre relevé du 21/09.
- Gazole moyen à 2,399 €/L jeudi 24 au soir, contre 2,422 €/L le 21/09 : premier recul depuis début septembre.
- Macron, jeudi 24 sur TF1-France 2 : pas de baisse de taxes actée — « en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure » —, stocks de gaz et de pétrole bientôt « à 80 % », et la France « fait tout » pour « éviter » les pénuries.
- Écart record constaté le 21/09 sur le gazole : 2,195 €/L à Ajaccio contre 2,904 €/L à Ostwald (Bas-Rhin), soit 35 € de différence sur un plein.
Plan de l'article
- Ce que Macron a dit jeudi soir sur les carburants (TF1 et France 2)
- Notre relevé frais du jeudi 24 septembre, 22 h : la décrue s’amorce
- Ce que montrait notre relevé du lundi 21 septembre au matin, sur 9 799 stations
- Le pic du 21 septembre : une pénurie qui s’était étendue très vite
- Matignon lundi, l’aide « gros rouleurs » précisée mardi, Macron jeudi
- L’énergie flambe aussi hors des stations
- Et moi, concrètement ?
- Questions fréquentes
- À retenir
Ce que Macron a dit jeudi soir sur les carburants (TF1 et France 2) #
Interrogé en direct jeudi 24 septembre à 20 h, lors d’une interview commune à TF1 et France 2 largement consacrée à la crise des carburants et à la menace russe, Emmanuel Macron a détaillé sa ligne. Nous recoupons ici trois comptes rendus complets : franceinfo, France 24 et ICI (Radio France).
Baisse des taxes : « il ne faut rien exclure », mais rien n’est acté
C’est la question qui pèse le plus sur le portefeuille, et la réponse est restée au conditionnel. « Je pense qu’en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure », a déclaré le président à propos d’une baisse des taxes sur les carburants, un verbatim rapporté à l’identique par France 24 et ICI. Mais il a aussitôt écarté ce levier comme premier choix : l’intérêt du pays est de « baisser les prix avant de baisser les taxes », et une baisse de 20 centimes représenterait, sur un mois, « un milliard d’euros » de recettes qui financent des dépenses concrètes, selon franceinfo et France 24. Sa préférence va aux aides ciblées : « Quand vous baissez les taxes, vous aidez tout le monde. Or, c’est plus intelligent d’aider ceux qui ont le plus besoin » (franceinfo). Concrètement, au 24 septembre au soir : aucune baisse de taxe sur les carburants n’est décidée.
Pénurie : la France « fait tout » pour l’« éviter »
Sur les ruptures en station, le président s’est voulu rassurant : « On fait tout pour éviter les pénuries de carburant », cite ICI — France 24 rapporte la même promesse — et « d’ici à la fin de l’année, on s’est mis en situation d’avoir ce dont on a besoin ». Côté réserves du pays : « On sera à 80 % de stocks pleins dans quelques semaines », en gaz comme en pétrole (franceinfo, ICI).
Le principal levier reste international
Emmanuel Macron mise d’abord sur la détente au Moyen-Orient pour faire refluer les prix : « Si les choses s’améliorent dans les prochains jours, les prix baisseront vite » (franceinfo). Il a annoncé l’envoi en Arabie saoudite de « moyens militaires, c’est-à-dire des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger ce site » (franceinfo, ICI) — un site d’exportation de pétrole visé par des attaques, dont la sécurisation conditionne les volumes disponibles, donc les prix à la pompe. Enfin, sur l’hypothèse d’une interdiction américaine d’exporter du gazole, il a prévenu que cette décision serait « mauvaise », « pas simplement pour le reste du monde. Pour l’économie américaine aussi » (franceinfo, France 24). L’interview a aussi longuement porté sur la menace russe et l’échéance présidentielle, sans incidence directe sur les prix à la pompe.
À lire Carburant : le plein coûte 7,42 € de plus sur l’autoroute — notre relevé sur 9 808 stations
Notre relevé frais du jeudi 24 septembre, 22 h : la décrue s’amorce #
Nous avons relancé jeudi à 22 h notre calcul sur le flux instantané officiel de data.economie.gouv.fr, avec la même méthode que lundi (prix relevés il y a plus de 7 jours écartés, ruptures « définitives » ignorées) : 8 889 stations disposaient de données fraîches. Tous les indicateurs amorcent une détente.
| Indicateur | Lundi 21/09 (matin) | Jeudi 24/09 (22 h) |
|---|---|---|
| Stations totalement à sec | 1 099 (11,2 %) | 766 (8,6 %) |
| Stations sans aucune essence | 1 568 (16,2 %) | 1 081 (12,2 %) |
| Gazole en rupture temporaire | 12,7 % des stations qui en vendent | 8,3 % |
| Gazole, prix moyen | 2,422 €/L | 2,399 €/L |
| E10, prix moyen | 2,191 €/L | 2,162 €/L |
| SP95, prix moyen | 2,240 €/L | 2,223 €/L |
| SP98, prix moyen | 2,295 €/L | 2,265 €/L |
| Stations affichant un gazole au-dessus de 2,50 €/L | 784 | 615 |
La photographie reste dégradée — plus d’une station sur cinq (22,4 %) déclarait encore jeudi au soir au moins une rupture temporaire d’essence ou de gazole — mais c’est la première fois depuis début septembre que tous nos indicateurs reculent en même temps. Prudence : un relevé du soir et un relevé du matin ne capturent pas exactement les mêmes déclarations de stations, et la tendance devra se confirmer sur plusieurs jours.
Ce que montrait notre relevé du lundi 21 septembre au matin, sur 9 799 stations #
Comme pour notre relevé du 5 septembre (gazole à 2,27 €) et celui du 13 septembre sur 9 805 stations, nous avions passé au crible lundi 21 septembre à l’aube le flux instantané officiel des prix des carburants publié par data.economie.gouv.fr : 9 799 stations analysées, en écartant les prix relevés il y a plus de 7 jours. Le constat était net ce matin-là : tout avait encore monté, sauf l’E85.
| Carburant | Prix moyen le 13/09 | Prix moyen le 21/09 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Gazole | 2,315 €/L | 2,422 €/L | +10,7 c/L |
| E10 | 2,135 €/L | 2,191 €/L | +5,6 c/L |
| SP95 | 2,188 €/L | 2,240 €/L | +5,2 c/L |
| SP98 | 2,237 €/L | 2,295 €/L | +5,8 c/L |
| E85 | 0,888 €/L | 0,888 €/L | stable |
Notre chiffre convergeait avec celui de l’AFP, qui mesurait dimanche 20 un gazole à près de 2,41 € en moyenne, un record (dépêche AFP via Boursorama). Autre marqueur de la flambée : 784 stations affichaient alors un gazole au-dessus de 2,50 €/L, contre 224 seulement le 13 septembre (elles sont redescendues à 615 le 24 au soir).
À lire Pneu chaîne neige : Guide achat et prix
Le pic du 21 septembre : une pénurie qui s’était étendue très vite #
Le chiffre qui résumait la situation lundi 21 au matin : 1 568 stations n’avaient plus aucune essence à vendre, soit 16,2 % du réseau. Elles étaient 686 (7,0 %) le 13 septembre — une multiplication par 2,3 en 8 jours. En comptant essence ET gazole, 1 099 stations étaient totalement à sec (11,2 %), ce qui recoupait le « 1 sur 9 » repris par la presse. Au total, 3 301 stations (33,7 %) avaient au moins une rupture en cours sur l’un de leurs carburants.
Rupture « temporaire » ou « définitive » : ce que ça change
Dans le flux officiel, une rupture définitive signifie que la station ne vend plus ce carburant du tout (beaucoup de stations n’ont jamais proposé d’E85, par exemple) : ce n’est pas un signe de pénurie, et nous l’écartons de nos calculs. Une rupture temporaire, elle, veut dire cuve vide en attente de livraison — c’est elle qui mesure la crise. Et c’est là que le gazole avait basculé : il était, le 21 septembre, en rupture temporaire dans 12,7 % des stations qui en vendent (1 237 stations), contre 3,5 % le 13 septembre — avant de refluer à 8,3 % le 24 au soir.
Le rythme était alors soutenu jour après jour : 1 054 ruptures ouvertes le 18 septembre, 1 183 le 19, 958 le 20 — environ un millier de cuves qui se vidaient chaque jour.
Les zones les plus touchées
Sur les ruptures d’essence ouvertes depuis le 14 septembre, trois régions dominaient : Île-de-France (24,6 %), Grand Est (19,7 %) et Normandie (19,3 %). Par département, ce sont les Bouches-du-Rhône (55 stations à sec), la Gironde (54), le Nord (50) et la Seine-et-Marne (43) qui comptaient le plus de stations sans carburant au 21 septembre.
À lire Magasin Accessoire Voiture : Top 10 Prix 2026
Et les écarts de prix restent spectaculaires : pour le gazole, nous avions relevé 2,195 €/L à Ajaccio contre 2,904 €/L à Ostwald, près de Strasbourg. 71 centimes par litre, soit 35 € de différence sur un même plein de 50 L selon l’endroit où vous vivez.
Matignon lundi, l’aide « gros rouleurs » précisée mardi, Macron jeudi #
Face à la flambée, Sébastien Lecornu avait tenu lundi 21 septembre deux réunions à Matignon, confirmaient franceinfo et CNews : le matin avec les directeurs d’administrations centrales, sur les approvisionnements en pétrole et en gaz perturbés par la guerre au Moyen-Orient ; l’après-midi sur « l’accompagnement à court et moyen terme » des Français face aux prix.
Depuis, l’aide ciblée sur les « gros rouleurs » évoquée ce jour-là a été précisée par le gouvernement, mardi 22 septembre : une indemnité carburant de 0,40 € par litre, réservée aux travailleurs modestes (jusqu’à environ 2 035 € net par mois) qui utilisent leur véhicule, pour environ 5,5 millions de bénéficiaires, avec une demande à déposer sur la plateforme impots.gouv.fr courant octobre. À ne pas confondre avec l’aide déjà existante de 100 € pour les travailleurs « grands rouleurs », qui peut encore être demandée jusqu’au 30 septembre sur impots.gouv.fr.
Emmanuel Macron, dont l’intervention était annoncée jeudi à 20 h, en direct sur TF1 et France 2 (Europe 1), s’est bien exprimé jeudi 24 au soir : ses déclarations sur les carburants sont détaillées dans notre mise à jour en tête d’article. Dimanche 20, il avait rencontré à Saint-Pierre-et-Miquelon le Premier ministre canadien Mark Carney, pour évoquer le gaz naturel liquéfié canadien et des routes d’approvisionnement alternatives aux détroits perturbés par le conflit.
À lire Porte Ski Attelage : Meilleur Prix & Guide
L’énergie flambe aussi hors des stations #
La tension ne s’arrête pas à la pompe : les produits pétroliers de chauffage suivent la même pente, comme le montre ce point complet sur la forte hausse du prix du fioul domestique et la question du remplissage de cuve avant l’hiver.
Et moi, concrètement ? #
- Budget : un plein de 50 L de gazole coûte en moyenne 120 € au relevé du 24 septembre à 22 h (2,399 €/L), soit environ 1 € de moins que lundi 21 — mais toujours près de 4 € de plus que mi-septembre. En E10, comptez environ 108 €.
- Acté ou à l’étude ? Acté : l’aide de 100 € (demande avant le 30 septembre) et l’indemnité « gros rouleurs » de 0,40 €/L annoncée le 22 septembre (plateforme en octobre). À l’étude seulement : la baisse des taxes — Macron ne veut « rien exclure », mais aucune décision n’est prise.
- Trouver du carburant : le site officiel prix-carburants.gouv.fr (et son application) affiche les prix et les ruptures déclarées par les stations, mis à jour en continu. C’est la même source que celle de notre relevé.
- Comparer avant de rouler : avec des écarts qui dépassent 70 centimes au litre entre deux villes, vérifier deux ou trois stations autour de chez vous peut faire gagner plusieurs euros par plein — nous l’avions déjà mesuré sur les prix sur autoroute lors de notre relevé du 10 août.
- Ne stockez pas : remplir des jerricans « au cas où » est dangereux (vapeurs inflammables) et strictement encadré par la réglementation, en quantité comme en conditions de stockage. Et chaque plein de précaution vide un peu plus vite les cuves de tout le monde.
Questions fréquentes #
Macron a-t-il annoncé une baisse des taxes sur les carburants ?
Non. Jeudi 24 septembre sur TF1 et France 2, il a seulement refusé de l’écarter — « en fonction de l’évolution, il ne faut rien exclure » — si les prix repartaient à la hausse. Aucune baisse de taxe n’est décidée : il privilégie la diplomatie pour faire baisser les prix à la source, et des aides ciblées comme l’indemnité « gros rouleurs ».
La pénurie de carburant est-elle en train de se résorber ?
Les chiffres du jeudi 24 septembre au soir vont dans ce sens : 8,6 % des stations totalement à sec contre 11,2 % lundi 21, et un gazole moyen repassé de 2,422 à 2,399 €/L. La tendance reste néanmoins fragile : plus d’une station sur cinq déclarait encore une rupture temporaire, et tout dépend de la situation internationale.
Pourquoi ma station est-elle à sec alors qu’une autre, à 5 km, est approvisionnée ?
La pénurie est avant tout logistique : les ruptures sont « temporaires », c’est-à-dire que la cuve est vide en attendant la prochaine livraison. Selon les dépôts qui alimentent chaque station et la rotation des camions, deux stations voisines peuvent être dans des situations opposées le même jour.
D’où vient le chiffre « 1 station sur 9 à sec » ?
De notre calcul du lundi 21 septembre au matin sur le flux officiel data.economie.gouv.fr : 1 099 stations sur 9 799 n’avaient plus ni essence ni gazole, soit 11,2 % — environ une sur neuf. Au relevé du jeudi 24 septembre à 22 h, on est redescendu à 766 stations totalement à sec sur 8 889, soit 8,6 % — environ une sur douze.
Puis-je stocker de l’essence chez moi en attendant que les prix baissent ?
C’est fortement déconseillé et encadré par la réglementation : les vapeurs d’essence sont très inflammables et le stockage domestique est limité à de petites quantités, dans des récipients homologués. Le bon réflexe est plutôt de consulter les stations approvisionnées près de chez vous sur prix-carburants.gouv.fr.
À retenir #
Après le pic mesuré lundi 21 septembre (11,2 % des stations totalement à sec, gazole record à 2,422 €/L), notre relevé du jeudi 24 au soir montre une première décrue : 8,6 % de stations à sec et un gazole redescendu à 2,399 €/L. Le même jeudi soir sur TF1 et France 2, Emmanuel Macron n’a acté aucune baisse de taxes — « il ne faut rien exclure » en fonction de l’évolution, a-t-il simplement dit — et mise sur la diplomatie, des stocks reconstitués « à 80 % » et les aides ciblées déjà annoncées (100 € jusqu’au 30 septembre, indemnité « gros rouleurs » de 0,40 €/L en octobre). Nous republierons un relevé complet dans les prochains jours pour vérifier que la décrue se confirme.




