Les prix de vos courses pour 2027 se négocient du 1er décembre 2026 au 1er mars 2027, et la bataille entre supermarchés et industriels a déjà commencé : boycott de la réunion de Bercy, études sur les marges, éleveurs laitiers qui réclament 8 centimes de plus par litre. Yves Puget, de LSA, évoque désormais une hausse de 3 à 4 % des prix alimentaires, contre une inflation alimentaire quasi nulle en 2026.
- ▸Les négociations commerciales annuelles fixent les prix d’achat des produits vendus en supermarché, du 1er décembre au 1er mars.
- ▸Le 2 novembre, les grandes enseignes de la FCD, puis Lidl, ont boycotté le comité de préparation organisé à Bercy.
- ▸Le 6 novembre, Leclerc, Carrefour et Auchan ont rendu visite à un éleveur du Calvados qui chiffre son déficit à environ 60 000 €.
- ▸Michel-Édouard Leclerc prédit 4 % d’inflation alimentaire dans les mois à venir.
Plan de l'article
- Pourquoi ces négociations décident du prix de votre caddie
- Que s’est-il passé à Bercy le 2 novembre ?
- Marges des multinationales : le chiffre qui fâche
- Le lait, premier produit sous tension
- Quels rayons risquent d’augmenter en 2027 ?
- Comment protéger son budget courses d’ici le printemps
- Questions fréquentes
Pourquoi ces négociations décident du prix de votre caddie #
Chaque année, industriels et distributeurs disposent de trois mois pour s’accorder sur les prix d’achat des produits de grande consommation. Les contrats signés au plus tard le 1er mars fixent ensuite la base des prix affichés en rayon pour l’année, avant promotions.
Selon Sud Radio, qui interrogeait le 3 novembre Yves Puget, du magazine professionnel LSA, l’inflation alimentaire est restée quasiment nulle en 2026. Pour 2027, les professionnels tablaient en septembre sur environ +2 %. Le journaliste entend désormais plutôt +3 % ou +4 %, des moyennes avant négociation.
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La loi d’urgence agricole avance par ailleurs la date butoir pour les fournisseurs les plus petits, les PME, afin que leurs hausses soient traitées plus tôt.
Que s’est-il passé à Bercy le 2 novembre ? #
Le comité de préparation aux négociations, initialement prévu le 28 octobre, s’est tenu le lundi 2 novembre à Bercy. La Fédération du commerce et de la distribution (FCD), qui représente les principales enseignes, a mis sa menace de boycott à exécution. Lidl, qui n’en est pas membre, a aussi décliné l’invitation en dénonçant « l’opacité des marges des industriels », rapporte RTL.
Les distributeurs réclament que les industriels affichent dans leurs conditions générales de vente la part des matières premières agricoles, pour justifier chaque hausse et garantir qu’elle revient aux agriculteurs. Ils demandent aussi un traitement différencié pour les PME.
En face, Jean-François Loiseau, président de l’Ania, qui fédère les industriels de l’alimentaire, assure que les justificatifs sont déjà fournis et que les hausses demandées les années précédentes n’ont pas été obtenues malgré la flambée de l’énergie et des carburants.
Marges des multinationales : le chiffre qui fâche #
La FCD s’appuie sur une étude du cabinet Asterès, publiée le 2 novembre. Elle affirme que les marges nettes de grands groupes comme Coca-Cola, Danone ou L’Oréal sont « près de quatre fois plus élevées » que la moyenne de l’agroalimentaire français. Selon la fédération, ces multinationales concentrent les trois quarts des négociations.
L’Ania juge l’étude « hors sujet ». Michel-Édouard Leclerc défend une ligne médiane : les PME ne posent pas de problème selon lui, mais les multinationales doivent lisser leurs hausses. Nous avions détaillé ce que Michel-Édouard Leclerc annonçait pour la fin 2026.
Le lait, premier produit sous tension #
Le vendredi 6 novembre au matin, des représentants de Leclerc, Carrefour et Auchan se sont rendus dans l’exploitation de Guillaume Ferey, éleveur laitier à Englesqueville-en-Auge (Calvados), raconte franceinfo.
L’éleveur chiffre son manque à gagner sur le lait à 44 000 € et la hausse de ses charges à 15 000 €, soit environ 60 000 € de déficit. Les vagues de chaleur de 2026 lui ont coûté jusqu’à 200 litres de lait par vache par rapport à l’année précédente. Il réclame au moins 8 centimes de plus par litre.
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Point technique souvent ignoré : l’éleveur ne négocie pas avec le supermarché, mais avec la laiterie ou l’industriel qui collecte son lait. Les lois Egalim imposent ensuite que le coût de la matière première agricole soit pris en compte dans la négociation entre industriel et distributeur.
Quels rayons risquent d’augmenter en 2027 ? #
Rien n’est encore signé, et les hausses varient fortement d’un produit à l’autre. Yves Puget cite déjà des écarts nets sur un an : certaines conserves affichent +17 %, quand le sucre recule de 6 %. Les produits dont la fabrication consomme beaucoup d’énergie, comme l’eau en bouteille (plastique) ou les glaces, sont présentés comme les plus exposés.
| Échéance | Ce qui se passe |
|---|---|
| 1er décembre 2026 | Ouverture officielle des négociations commerciales |
| Avant le 1er mars (PME) | Date butoir avancée par la loi d’urgence agricole |
| 1er mars 2027 | Date butoir des contrats pour les autres fournisseurs |
| Après chaque signature | Nouveaux tarifs répercutés progressivement en rayon |
Comment protéger son budget courses d’ici le printemps #
Les nouveaux tarifs entrent en rayon au fil des contrats signés entre décembre et mars. L’hiver reste donc une période où les prix de 2026 s’appliquent encore sur une grande partie des produits.
- ✓Faire des réserves raisonnables sur les produits secs et d’entretien en promotion avant mars, sans stocker de frais.
- ✓Comparer au prix au kilo ou au litre, seul indicateur fiable entre marque nationale et marque distributeur.
- ✓Basculer sur les marques distributeurs pour les produits de base, souvent moins touchées par les hausses des multinationales.
- ✓Utiliser les bons de réduction sur les marques nationales qui annonceront des hausses.
Questions fréquentes #
Quand les prix des courses vont-ils changer en 2027 ?
Les négociations commerciales se tiennent du 1er décembre 2026 au 1er mars 2027. Les nouveaux prix d’achat s’appliquent au fil des contrats signés, puis se répercutent progressivement en rayon.
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De combien les prix alimentaires pourraient-ils augmenter ?
Rien n’est fixé. Yves Puget, du magazine professionnel LSA, évoque +3 à +4 % en moyenne avant négociation, et Michel-Édouard Leclerc prédit 4 % d’inflation alimentaire dans les mois à venir.
Pourquoi les éleveurs laitiers réclament-ils une hausse ?
Un éleveur du Calvados interrogé par franceinfo chiffre son déficit à environ 60 000 €, entre baisse du prix du lait, charges en hausse et vagues de chaleur. Il demande au moins 8 centimes de plus par litre.




